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 Καλως Ήρθες Σπίτι - Welcome Home

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Kohane Wilhemsson
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MessageSujet: Καλως Ήρθες Σπίτι - Welcome Home   Mar 19 Mar - 20:47

Anahera s'avança lentement sur le bord de la piscine. Pour la dernière fois de la journée, ses cheveux noués étaient cachés sous un casque de bain aux couleurs de son pays et avec son nom de famille inscrit dessus. La néo-zélandaise observa brièvement la foule et se plaça derrière son bloc de départ. Couloir 4, celui du centre. Elle était à un cheveu de gagner sa place aux Olympiques, qui auraient lieu un peu plus tard dans l'année. Tout ce qui lui restait à faire, c'était de gagner sa dernière finale. Sa position actuelle indiquant qu'elle avait toute ses chances, elle posa un pied sur le bord de son bloc et se souleva sur celui-ci doucement, au son du sifflet qu'elle connaissait bien. L'adolescente se mit en petit bonhomme, recroquevillée sur son piédestal, il lui fallait respirer et se placer dans une bulle. Doucement, elle agrippa le bord de son promontoire, le tâtonnant un peu, pour diminuer son stress. Sa course irait bien, tout se passerait bien, dans moins de deux minutes elle sera vainqueur de son 100 mètres papillon et aurait accomplie le plus grand miracle de sa vie, se qualifier pour le plus grand évènement sportif au monde.

Un peu plus confiante, la jeune fille raidit ses jambes au ''On your mark'', posant presque tout son poids en direction de l'eau, sur son pied avant. Elle inspira profondément, pour se détendre une dernière fois, et s'élança un millième de seconde après le bip sonore, si connu de tous les nageurs. Son saut fut bref, comparé à la normale, mais il en avait toujours été ainsi. Anahera brisa le mur de l'eau presque comme les plongeurs qui doivent éviter toute éclaboussure, elle n'avait prit que l'espace nécessaire pour son corps, et continuée sa descente dans ce petit trou seulement.

L'eau était froide sur la peau d'Anahera, mais elle ne le ressentait que très peu, par habitude. Elle savait qu'il y avait une différence assez marquée, entre l'eau et l'air, c'est pour cette raison que plusieurs personnes grelottaient, au début des entraînements. Bien sûr, le choc thermique la réveillait toujours un peu, c'était un des buts de la température basse du liquide, mais il servait surtout à stabiliser sa température corporelle, à un niveau un peu plus bas que la normale, pour lui permettre de nager et performer sans risque de surchauffe, comme elle subissait assez fréquemment dans l'air. Les bras tendus au dessus de s tête, dans une position hydrodynamique, la nageuse commença à battre des jambes à toute allure, comme l'aurait fait une sirène. Elle traversa une bonne distance, avant de percer la surface et entamer une rotation des bras, en forme de serrure. Poussant l'eau depuis devant elle, jusqu'à frôler ses hanches, l'adolescente toucha bientôt le mur, à deux mains. Elle se retourna, prenant une bouffée d'air au passage et recommença sa performance.

Dans une piscine de 50 mètres, un 100 mètres papillon était toujours rapidement fini, le temps d'un allé-retour, il n'y avait plus rien à voir. Se démarquant de plus en plus des autres nageuses, Anahera se fit un peloton de tête à une personne, et s'approcha du mur d'arrivé de plus en plus rapidement. Son ondulation devenant plus prononcée, ses bras tournant de manière accélérée, la jeune fille de 17 ans défonça le mur, dans une simple touche. Relevant les yeux, elle observa les autres arriver et sourit.

Athènes 2004 l'attendait.




La nageuse ouvrit les yeux, sentent un changement de vitesse. Elle se redressa doucement, observant le paysage défiler par la fenêtre. Où était-elle déjà..? Elle se souvenait avoir prit l'avion mais pour où......? Anahera vit une pancarte en grec et compris immédiatement. Elle était à Athènes, en direction du village Olympiques, où elle resterait pour une semaine, dans l'attente du début des jeux et dans l'espoir de s'habituer au décalage de 11 heures, entre son pays et celui où elle se trouvait. Cette longue période de temps avait été vue d'un mauvais oeil, par l’entraîneur de l'équipe Née-Zélandaise, mais était nécessaire. Et puis, l'équipe de natation n'était pas celle qui portait les espoirs du pays, elle ne comportait que deux ou trois nageurs espoirs, sans plus.

Anahera était une de ces quelques nageurs étoile, et c'est pourquoi son entraîneur attendait d'elle la perfection et la forçait à continuer son entrainement dès qu'elle serait arrivée. Il aurait été normal de suivre cette indication, s'il n'avait pas été 3 heures du matin! Pour l'instant, la jeune fille ne pensait qu'à aller dormir, et avec raison; tant pis s'il était 4 heures de l'après-midi en Grèce! L'adolescente inspira profondément et s'étira les bras, se redressant doucement. Ils allaient sûrement bientôt arriver à destination, alors mieux valait observer les alentours, pour les connaitre.

Petit à petit, le village olympique commença à se dessiner, des appartements de 4 à 5 étages, créés pour tous les athlètes qui compétionneraient dans les semaines à venir, changeant peut-être leur destin sportif. Lorsque l'on remportait une médaille, particulièrement d'or, il y avait toujours un moment de gloire où tout allait mieux, sponsors, entrevues, image publique nettement augmentée... Rare étaient les fois où cette popularité soudaine n'était pas bénéfique aux athlètes, d'une manière ou d'une autre. Ne serait-ce que pour l'argent et pouvoir un peu mieux financer des années et des années d'endettement. L'adolescente espérait qu'il en serait ainsi pour elle, ce serait une manière de remercier sa mère de tous les encouragements qu'elle lui avait prodiguée, au cours des années, et remercier son père pour toutes les heures qu'il avait passé, sur le bord de la piscine, à l'encourager.

Le van s'arrêta finalement devant une bâtisse. Anahera l'observa avec curiosité, et sourit. Elle aimerait bien cet endroit! Après des heures et des heures de vol, sans compter 45 minutes de route, pour atteindre le village, sa récompense se dressait enfin devant ses yeux émerveillés. Le rêve olympique, ça existait réellement, et à 17 ans, la néo-zélandaise se devait de le réaliser! Le premier pas était fait, celui d'arriver sur place et constater l'ampleur de ce qui arrivait. Dès moment où un athlète posait le pied dans la ville hôte des prochains jeux, il commençait à sentir l'énergie qui se préparait à jaillir, dans les jours à venir. Mais ce n'était que le début. Lorsque, par la suite, il arrivait enfin dans les installations, la réalité de la chose commençait à se faire sentir. Le rêve était à portée de main et sur le point de se réaliser. Par la suite, la cérémonie d'ouverture réchaufferait les coeurs des athlètes présents, les préparant pour le vrai défi qui les attendaient dès le lendemain. Puis...

Venait l'heure de voler jusqu'à ses plus grandes fantaisies olympiennes et toucher la médaille d'or.

Anahera saisit le sac de voyage, qu'elle portait sur ses genoux, et sorti du van qui l'avait transportée. Attendant un instant, elle reçut sa valise et l'emporta vers son 'hôtel'. Un sourire illuminant ses lèvres, l'adolescente ouvrit la porte d'entrée et se vit confier une clé, son pass pour sa chambre personnelle. Encore plus joyeuse qu'auparavant, la nageuse se dirigea avec empressement, vers la pièce qui l'accueillerait. Pour l,instant, elle ne ressentait aucune fatigue, l’excitation du moment avait prit le contrôle et chassé les besoins de base de la jeune fille, lui faisant oublier la faim, la soif et le sommeil.

La néo-zélandaise atteignit finalement sa chambre, dont elle ouvrit la porte. L'émerveillement fut immédiat. Une douce lumière se filtrait au travers des rideaux de la pièce, éclairant celle-ci de couleurs chaudes et accueillante. Bien que faiblement meublé, l'appartement offrait tout le confort nécessaire pour un athlète, qui passerait la plupart de son temps à s’entraîner et à participer aux compétitions, dans le but de performer. Anahera marcha jusqu'à son lit et laisse sa valise choir à côté de celui-ci, avant de se laisser tomber sur le mobilier. Souriante, elle frotta son visage dans les oreillers et couvertes. Ça sentait tellement frais et bon. Dans ce doux univers, l'adolescente trouva la sommeil rapidement, dans un réflexe naturel pour tenter de reprendre des forces.

¤||Plus tard||¤
biiiiiz biiiiiiz

Anahera ouvrit les yeux péniblement. Qu'est-ce qui pouvait la déranger ainsi, alors qu'elle dormait si bien depuis quelques minutes, heures..? À en croire la nuit noir, dehors, ça faisait plusieurs heures qu'elle dormait. Grommelant légèrement, l'adolescente tendit sa main vers son sac de voyage et saisit son cellulaire, apparament obligatoire, pour permettre aux athlètes d'être toujours en contact avec leur entraîneur. La jeune fille saisit l'appareil et observa le message.


Qu'est-ce qui pouvait être aussi important, aussi tard dans la nuit? Soupirant fortement, l'adolescente s'extirpa hors de son lit et se dirigea vers sa valise. Elle savait que son maillot était sur le dessus, mais ses lunettes elles? Une fois le bagage ouvert, la nageuse commença à farfouiller dans tous les recoins pour retrouver ses précieuses lunettes. Comment pouvait-elle les avoir égarées dans une valise? Une simple et minuscule valise! Non mais, ça ne fait pas de sens, sa valise n'était même pas gr--- oh les voilà. Anahera se frappa le front, bien sûr qu'elle les avait enroulées dans son maillot, c'était justement pour ne pas les perdre et les chercher pendant des heures! Déposant ses lunettes et sa serviette sur le lit, l'adolescente couru se changer aux toilettes et dans le temps de le dire, elle était de retour devant son équipement, qu'elle mit dans son sac de voyage, préalablement vidé. Elle enfila un gilet ample et des pantalons plutôt large et couru à l'extérieur de la bâtisse, pour rejoindre le taxi que son entraîneur avait promit.

Qu'est-ce qui pouvait être si important..?

Un véhicule jaune apparut à un tournant du quartier, annonçant son arrivée d'un clignotement de ses fars avant. Un peu éblouie, la brunette s'avança à la rencontre du taxi. L'automobile s'arrêta et le chauffeur fit signe à Anahera de s'approcher. Il tenait dans ses mains un petite feuille avec la photo de sa passagère, comme pour pouvoir l'identifier. Après s'être assuré que c'était la bonne personne, l'homme débarra les portes de son véhicule et fit signe d'entrer. Un peu surprise par toute la mise en scène, la nageuse demeura hésitante. Et si ce taxi là n'était pas le bon, que c'était simplement un kidnappeur d'athlètes qui voulait donner toutes ses chances à la Grèce pour remporter toutes les médailles..? Ah non ce n'était pas juste de tricher ainsi! Ils n'étaient pas digne d'accueillir les jeux, si c'était pour mieux éliminer la concurrence!

Voyant sa passagère reculer, le chauffeur soupira fortement et tenta de lui expliquer qu'il était réellement son chauffeur, en grec. Bien que la grande majorité des habitants de Grèce parlent anglais, il n'en restait pas moins que leur langue maternelle restait leur favorite et qu'ils ne possédaient pas nécessairement des très grandes habilités, dans leur seconde langue. Voyant son erreur dans le mouvement de recul supplémentaire de la nageuse, l'homme retint un grognement et sorti une carte.


La jeune fille fronça les sourcils, ne croyant pas vraiment à l’authenticité de la carte. Si c'était vraiment ce qu'Athènes avait donné à ses chauffeurs, il y aurait sûrement beaucoup de personnes qui les copieraient--


Et merde. Poussant son hésitation de côté, Anahera monta dans le taxi et demanda au chauffeur de la conduire à la piscine Olympique d'entrainement, ou wherever les athlètes devaient s’entraîner avant le début des jeux. L'homme acquiesça en bougeant sa main, comme pour indiquer à sa passagère qu'il savait déjà et qu'elle n'avait qu'à se reposer jusqu'à ce qu'ils arrivent à destination. La gestuelle fit un peu paniquer la jeune fille, qui commençait réellement à croire à un kidnapping, mais l'idée que c'était peut-être ainsi que les taxi étaient en Grèce, la calma. S'accotant à la fenêtre et observant le paysage défiler, dans l'espoir de le mémoriser, la nageuse tomba progressivement dans une douce torpeur, illuminée par la ville en mouvement.

Lâchant un bâillement, la passagère vit les dernières maisons défiler de son côté, le droit, alors que la route commençait à longer la mer, l'océan, quelque étendue d'eau. Ses paupières devenant de plus en plus lourde, elle s'assoupit, ne remarquant aucunement l'agitation grandissante de la mer, à son passage, et le sourire du chauffeur, lorsqu'il l’aperçu ainsi, dans son rétroviseur. La nageuse dormit de manière paisible, jusqu'à ce que le véhicule commence à ralentir, après de nombreux tournants et une petite heure de route environ.

Anahera cligna des yeux et regagna conscience progressivement. Dehors, il faisait plutôt noir, si ce n'était des lumières de la ville un peu plus loin. L'adolescente se redressa lentement, commençant à sentir de l'inquiétude monter en elle. Elle observa les alentours, devant, il y avait une montagne, derrière, une longue route petite et sinueuse, qui s'étendait sur quelques kilomètres. De plus en plus alerte, la jeune fille regarda à gauche, où la parois de la montagne lui cachait la vue, puis à droite, où une pente apique la saluait. Ça y était, elle était perdue et peut-être même qu'elle avait été kidnappée. Oh non... ...

Le chauffeur roula les yeux, devant l'inquiétude de sa passagère et se leva pour aller lui ouvrir la porte. La faisant sortir du véhicule, il lui montra le haut de la butte d'une main et tenta de se montrer un peu réconfortant. Les humains pouvaient être vraiment craintif parfois. Ça en devenait énervant!

La nageuse prit son sac et le serra fortement contre elle, avant de s'avancer sur la route. Devant elle, une petite bâtisse faisant office de restaurant se dressait dans la nuit paisiblement. À sa gauche, la route semblait continuer, sous la forme d'un trottoir. Ne voyant aucune lumière dans la bâtisse, l'adolescente prit le chemin, qui la conduit au pied d'une grosse colline, la dernière section de la montagne probablement. Montagne.. plutôt petite en fait. Anahera continua de suivre le chemin précautionneusement, prenant soin de ne pas sortir du sentier tracé. Lentement, à cause de sa vitesse de marche, comparable à une tortue, elle vit le trottoir bétonné devenir plus rocailleux, puis, après avoir monté sur une petite passerelle de métal, devenir complètement naturel. Oui toujours en roches, mais il n'y avait là que des roches tapées.

Remarquant la fin du chemin, la néo-zélandaise leva les yeux progressivement, voyant des ruines se dresser devant elle.


Intriguée, Anahera fronça les sourcils. Tout ce stress et simili kidnapping pour la conduire à un temple? Elle ne savait même pas à qui il était dédié, ça ne ressemblait à rien d'autre qu'à des ruines. Qu'est-ce qu'elle était supposée faire maintenant? Répondre à une question d'énigme donnée par un super vilain comme le bonhomme vert aux énigmes bizarres dans Batman? Trouver une clé X à quelque part...? Qui pouvait être assez étrange mentalement pour la mettre là et la laisser dépérir, perdue à deux pas de la ville hôte des Olympiques?

Sur le haut de la colline, il ventait très fort, c'était presque à en couper le souffle, par instant. C'était un vent du large, si elle si connaissait bien en vent. C'était celui le plus recherché pour faire de la vitesse, sur des énormes navires de plusieurs tonnes. Bref, pas très agréable quand on était en plein milieu des bourrasques et non protégée, sur le point de s'envoler. L'adolescente piétina un peu les alentours, à la recherche de quelconque objet, note, indice, que l'on lui aurait laissé. Au loin, on pouvait entendre le bruit des vagues explosant sur les rochers d'une falaise. Si ces sons étaient perceptibles malgré les vents, cela signifiait qu'il y avait de l'eau tout proche, et qu'elle était très agitée. Un mauvais moment pour se baigner. Ne sachant plus que faire, la nageuse s'avança vers la structure. Cette dernière, siégeant au coeur de l'espace plat, était entouré de cordes de sécurité, semblant indiquer l'interdiction de passer aux touristes, plutôt que l'espace était dangereux. Hésitante, Anahera passa par-dessus la corde et commença une approche lente de la bâtisse.

L'adolescente observa le toit, pour s'assurer qu'aucun débris ne pouvait lui tomber sur la tête, mais elle constata vite qu'elle s'inquiétait pour rien. La bâtisse était dépourvue de cette partie, protectrice des intempéries tombant du ciel. Rassurée, elle marcha jusqu'au coeur des ruines, s’arrêtant en son centre, pour observer les roches et structures, vieilles de plusieurs siècles. Ce n'est qu'alors qu'elle constata que le vent était tombé. Il ne soufflait plus avec rage et violence, mais avait plutôt laissé sa place au doux bruissement des vagues. Contrairement à l'extérieur de l'enceinte, l'intérieur était de température modérée, tendant vers le froid. On aurait presque crut que des murs se dressaient encore, tant la différence était frappante.

Ne sachant plus trop que faire, Anahera s'asseya sur le sol et leva la tête vers le ciel. Celui-ci, dépourvut de nuages, offrait une vue rassurante sur un ciel rayonnant de milles feux, grâce aux étoiles qui, à des années lumières de là, tentaient l'illuminer la Terre. La lune était en phase décroissante, rendant la toile de fond de plus en plus sombre. Bientôt, il serait possible de voir une oeuvre parfaitement contrastante entre luminosité et noirceur, qui se battaient depuis la nuit des temps. ... Pourquoi est-ce qu'elle était en train de philosopher autant là..? Soupirant, l'adolescente caressa le sol d'une main. Bien qu'il fut constitué de pierres, il semblait aussi chaud et confortable que le tapis dans son salon. On aurait réellement dit qu'il était habité d'une énergie vitale, ou par la puissance d'un dieu, à qui ils étaient consacrés, autrefois.

Comment était-ce possible--?

L'air devint soudainement glacial, comme celui que l'on pourrait retrouver dans le fond des mers, océans. Traversant les piliers du temples et tout ce qui se dressait sur son passage, la brise glaciale transperça la peau de l’intrus, pour lui rompre les os, dans sa fraîcheur. Heureusement, l'adolescente était habituée à de telles conditions de froid, pour une étrange raison. Elle n'allait pas s'en plaindre. La frayeur l'envahissant, la nageuse commença à tenter de s'éloigner de l'origine du changement d'ambiance. Faisant des pas hésitants vers l'arrière, Anahera rencontra bientôt une colone, bloquant toute chance de fuite. Sentant son coeur battre à la chamade, elle observa les eaux qui commençaient à être visibles, malgré la haute falaise.

Ce n'était pas normal tout ça! Devant l'adolescente, des vagues gigantesques se fracassaient sur les parois de la falaise, comme lors d'une tempête, où un simple mur d'un ou deux mètres séparait la terre de l'eau. Des gouttelettes revolaient de tous bord, arrosant l'intrue, qui commençait à frissonner. Tranquillement, l'eau se fit un chemin sur la terre, se glissant dans chaque fissure de rocher, de manière à encercler le temple. Des dauphins se firent entendre au loin, poussant un cri de plus en plus fort, annonçant l'arrivée du dieu de la mer.

Anahera inspira d'un souffle tremblotant, tentant désespérément de se calmer et se remettre en position de pouvoir. Lentement, une silhouette se dessina à l'autre bout du temple. D'abord floue, elle se précisa lentement, représentant un homme, très grand, fort et musclé, tenant un sceptre d'une main et légèrement vêtu, comme tout dieu digne de ce nom.

Sentant la peur tranquillement la quitter, la jeune fille fit un pas en avant, comme pour tenter d'avoir une meilleure vue sur l'homme.

- Step Back You Little Mortal Human! Don'T You Know Who I Am!?
s'exclama d'une voix forte le dieu.
- ...

- God Of The Oceans! Son Of Chronos And Rhea! And Strongest God Of The Entire Olimpe! The Great Poseidon! Example For Each And Every Single God That Exists! Each And Every Single Man Shall Obey My Commands And Respect Me! My Power Is The One That Showed The More Through Centuries, The One That Earned The Most Respect From The Humans! Look At The Temple You're Standing In! It's The Pure And Simplest Proof To Give You Woman! See How Your People Adore Me! See How Your Mother Had Great Taste For Beautiful Men Back In The Days! Many Years Back..... My Daughter....
- ...from oceania?

- My New Zealander Daughter! And Last To Stand Alive Today! ......
- anahera.

- Anahera!


Le stress de l'adolescente avait soudainement disparu pour faire place à une certaine rage. Comment osait-on lui faire une telle frayeur pour lui jouer une blague d'aussi mauvais goût! Où étaient les caméras!? La machinerie de film c'était dépassé, plus personne ne croyait à ça. Plus confiante que jamais, la nageuse s'approcha de son père en criant de rage.

- WHAT'S YOUR BLOODY PROBLEM!? WHY THE FUCK DID YOU KIDNAP ME IN THE MIDDLE OF THE NIGHT TO SCARE THE BLOODY CRAP OUT OF ME AND IMITATING THE BIG ''I AM YOUR FATHER'' SO CLASSIC TO EVERY BAD PRANK AND MOVIE I KNOW! YOU TWAT! I WAS SLEEPING PEACEFULLY WHEN YOU DISTURBED ME! DO YOU KNOW HOW IMPORTANT IT IS FOR ME TO HAVE A GOOD NIGHT OF SLEEP EVERY SINGLE BLOODY FUCKING DAY UNTIL THE OLYMPICS ARE OVER!? NO YOU DON'T! BECAUSE YOU'RE A FUCKING TALL TWAT THAT DOESN'T KNOW HOW TO MAKE A PROPER JOKE! DO YOU KNOW HOW SCARED I WAS!?!?!? NOW YOU WILL CALL ME A PROPER TAXI, NOT A FAKE ONE! STOP HACKING MY CELLPHONE! JUST FOR THAT I'LL ASK TO HAVE A NEW NUMBER! GET SOME FUCKING CLOTHES ON AT THIS INSTANT TOO! YOU'RE NAKED! NAKED! DO YOU KNOW HOW MUCH I HATE SEEING NAKED MEN! I MIGHT BE A SWIMMER, I STILL HATE IT!

Les cris continuèrent de fuser pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que la jeune fille se taise et s'éloigne du temple d'un pas décidé, en direction de la route. Prit de court et surpris de l'attitude de sa fille, Poséidon calma les eaux, qui retournèrent dans la mer et fit apparaître une tunique un peu plus longue, avant de se lancer à la poursuite de l'adolescente. Il n'avait pas l'habitude de traiter avec des humains, mais puisque la situation était très importante et que sa dernière progéniture semi-humaine risquait de se faire assassiner par son père dans les jours à venir, il devait tenter de la prévenir. Ne serait-ce que pour faire bonne figure devant les autres dieux qui, eux, avaient tous mis en garde leur enfant ou s'apprêtaient tous à le faire.

- Wait child! tenta-t-il d'un ton plus calme et s'élançant à sa poursuite. Please listen to what I have to say, for I am not joking in any way. I even took the time to meet you. The least you could do young lady is to listen to your father!

Anahera s'arrêta et se retourna, pour presque entrer en collision avec son père qui la poursuivait.

- What in the bloody hell do you want? I won't laugh and say your prank was funny idiot!
- Don't you dare use that tone with me you---

- I will use the tone I want with you! You're the one that made the situation that way! Twat!

- Augh!!! il inspira profondément et tenta de reprendre d'un ton plus calme. Believe or not that you are my daughter. I will give you that right. But tonight I am here to warn you that your grandfather, Chronos, is planning to kill you, along with all the other half-god that will be in competition, here in Athens, in the next days. In the last month, he got rid of two of your brothers and five of your sisters, accross the world. I made sure of my count and you are the only daughter I have left. And even if I never was part of your life physically, I still watched over you. You might not believe me, since I didn't know your name. But you're are not the one that speaks the most while swimming, am I not right?

L'adolescente se mordit la lèvre inférieure pour retenir un léger sourire, sachant très bien qu'il avait raison. Même dans la vie de tous les jours, elle n'était pas très grande parleuse.

- I will not explain everything right now, because your long absence might have a bad impact on your training. But I will see you again in few days. Meet me along with the other half-god at the Parthenon. Walk to the top of the acropole right after the opening ceremony of the games. I will be waiting there, along with some other gods. We will explain everything, but I don't want you to have problems. And, you don't have to worry, since I'll be watching over you until then.

L'homme sourit à sa fille et passa une main dans ses cheveux bruns mélangés avant de s'éloigner.

- Don't forget the meeting, it's important.


Sur ce, il disparut progressivement, regagnant la mer et se faisant engloutir par celle-ci. Anahera resta figée quelques instants et malgré le fait que cette rencontre n'avait même pas durée une demie-heure, elle n'en dormirait pas de la nuit. Tranquillement elle s'éloigna, regagnant le taxi, qui l'avait attendu, et retourna en ville. S'éloignant lentement du Cap Sounion, porteur du temple de son père, la nageuse laçant un dernier regard vers les ruines. Probablement croirait-elle à un rêve, le lendemain matin, mais il en serait peut-être mieux ainsi. De toute manière, qu'est-ce que ce pédo avait à lui dire qu'il était son père et qu'il l'OBSERVERAIT pendant les jours à venir. Frissonnant à l'idée, elle se retourna vers la mer et la regarda défiler, sous l'éclairage presque inexistant de la lune.

Avec de la chance, elle aurait tout oublié demain.


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What did you do?
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Stephie Miroku
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MessageSujet: Re: Καλως Ήρθες Σπίτι - Welcome Home   Lun 25 Mar - 0:46


La jeune fille ferma les yeux alors que son entraîneur lui attachait son plastron. Les écouteurs sur les oreilles, elle ne tentait que de se concentrer sur la musique qui venait lui crever les tympans alors qu’elle sentait l’épais morceau de cuir lui compresser la poitrine. Guitares et cris venaient la chercher de l’intérieur et remonter le feu ardent brûlant à l’intérieur d’elle tout aussi vif que le plastron aux couleurs chaudes dont elle était vêtu. L’envie de se battre devenait si forte qu’elle en tremblait.


Let's play a game of Russian roulette
I'll load the gun, you place the bets.
Tell me, who will make it out alive.

My alligator blood is starting to show
I know that you know that, I know that you know.
I know that you know that, I know that you know.
L’enfant avait les paupières toujours baissées sur ses yeux de miel et chantait au fur à mesure les paroles de la chanson. Toutefois, elle savait intérieurement qu’il y avait bien plus que l’horizon qui viendrait à elle si elle réussissait à gagner ses combats contre ses adversaires. Le rythme de la musique l’aiderait à placer ses coups le plus haut possible où elle parviendrait à faire des points, les cris viendraient chercher la force sauvage qui régnait en elle, les guitares agrémenteraient la bataille et ne rendrait que celle-ci plus réelle. Miguel regarda l’adolescente mettre ses protections pour les avant-bras et ses protège-tibias : le bruit du velcro était le seul qui brisait le silence solennel régnant dans le vestiaire qu’ils avaient été les derniers à quitter, les autres se battant déjà pour leur place dans le pays qui gardait jalousement leurs rêves les plus fous. L’an prochain qui serait pour tous ces artistes martiaux une année pleine de promesse et d’espoir, mais surtout de dépassement. Enfilant ses nouveaux gants blancs qui viendraient lui protéger les doigts, elle entendit son entraîneur parler de sa voix grave aux sonorités latines, héritage du pays les ayant nourri et accueilli depuis le jour où leur mère leur avait donné la lumière.
- No todos podemos dar por sentado que van a ganar. Pero lo pienso que les vas a dejar sin palabras.
- Gracias Miguel. Voy a hacer de mi mejor.

La jeune fille retira ses écouteurs pour aller devant le miroir finir ses derniers préparatifs avant de monter sur le terrain. Important était-il de paraître préparé et sûr de soi devant l’ennemi : Emiliana se regarda dans le miroir alors qu’elle attachait ses cheveux d’un marron clair en une queue de cheval bien haute. Le sourire qui se reflétait dans le miroir serait dans l’espace de quelques minutes celle d’une gagnante qui aurait sa place aux olympiques grecs l’an prochain. Emiliana enfila alors son casque rouge en faisant sortir ses cheveux dans l’espace ouvert sur le dessus et fouilla dans son sac de sport pour y prendre son protège-mâchoires. Le temps de le faire et de le fourrer précipitamment dans sa bouche, son nom fut appelé pour qu’elle aille à son tour prendre sa place sur le champ de bataille. Miguel lui tapota l’épaule alors qu’elle passa ses doigts sur le nom de son pays brodé de doré sur sa ceinture noire : le moment qu’elle attendait depuis des semaines et pour lequel elle avait tant travaillé se présentait maintenant à elle. Pour elle, mais aussi pour tous les gens qui l’avait encouragé à briser les barrières qu’elle plaçait autour d’elle et ses idiotes limites qui lui empêchait de s’envoler dans le ciel de talent briller parmi les milliers d’autres étoiles. Tout cela était grâce à eux : les professeurs de la escuela qui lui avait permis de manquer quelques jours pour s’entraîner, sa mère qui lui parlait tous les jours pour prendre de ses nouvelles via l’ordinateur et l’encourager, les scientifiques locaux qui faisaient de leur mieux pour la comprendre et remplaçait sa famille éparpillée, son père poursuivant ses rêves sur le continent européen dont elle foulait le sol de ses pieds.

Les cris de la foule fusèrent alors que les deux latinos entrèrent dans le stade français et la jeune fille ne put s’empêcher de ressentir ce petit frisson d’excitation et l’adrénaline la chercher de toute part. L’homme portant les couleurs costaricaines l’intima de se calmer et lui donna quelques conseils sur la manière de placer ses circulaires à la tête alors qu’elle s’étira pour quelques dernières minutes en attendant que le combat précédent se termine. Tout finit avec un chassé circulaire qui jeta la pauvre fille en rouge sur le sol : elle ne se relevait plus et ce même après les huit secondes. Infirmiers vinrent alors la chercher et le temps était venu pour les deux adversaires incluant notre jeune héroïne de prouver à l’autre leurs capacités. Emiliana se plaça sur le bord du tapis après qu’on eut vérifié que son plastron fonctionnait bien et regarda l’arbitre se replacer au centre. Il prononça alors d’une voix tonitruante :
-Hong, Chung!
Les deux filles s’avancèrent. Emiliana vit que son adversaire était une française blonde et ne put s’empêcher de penser à ce que dirait son entraîneur. «Macha».
- Tchaliot.
Elles se mirent bien droite les bras le long du corps.
-Kyongnye.
Le salut d’avant combat. Par la Sainte Maria, jamais elle n’aurait pu sentir son sang bouillir davantage qu’en ce moment : elle sentait déjà les parfums de la terre grecque à ses narines comme si elle y avait déjà été. L’espace de quelques combats et quelques minutes mal utilisées pouvaient fracasser son rêve et le briser en milliers de morceaux. L’arbitre leva son bras qui séparait les deux jeunes rêveuses : le plaisir commença. Emiliana se mit en position de combat en laissant échapper un cri bien sonore comme elle les aimait. Le cri, c’était important au taekwondo pour effrayer son adversaire et lui montrer qui menait la danse mortelle qu’ils effectuaient devant tous ces spectateurs. Dieu seul savait à quel point elle adorait ce sport et la panique se dégageant de tous ces Chung qui se livraient à elle : elle était un alligator se délectant du parfum de la victoire et prêt à tout pour atteindre sa proie. Le circulaire que la française faisait était contré par un autre circulaire, un chassé vers l’arrière, un double qui frapperait le plastron et le casque, les points s’affichant sur l’écran. La différence augmentait au fil des minutes et à la moitié du combat, son entraîneur lui murmura à l’oreille que tout était parfait et qu’elle devait achever la danse en lui donnant le «baiser mortel». Frottement de moustache inclus. La jeune fille haussa un sourcil et ne pouvait s’empêcher de se demander si tous les garçons ayant le sang espagnol dans les veines se devaient d’être aussi «penchés vers ce genre de pensée masculine». Mais le crocodile ne se souciait pas de cela et continua son combat.

Le sang de l’alligator avait triomphé. Emiliana faisait partie de la délégation costaricaine de taekwondo constituée de quatre artistes étoiles qui viendrait se battre en terre grecque l’an prochain.

***



Baby you light up my world like nobody else,
The way that you flip your hair gets me overwhelmed,
But when you smile at the ground it ain't hard to tell,
You don't know, you don't know you're beautiful,

If only you saw what I can see,
You'd understand why I want you so desperately,
Right now I'm looking at you and I can't believe,
You don't know,you don't know you're beautiful,
That's what makes you beautiful
Emiliana était assise dans le bus qui les emmèneraient vers le village olympique et chantait (criait serait un terme plus approprié) depuis facilement une heure. Bien qu’elle fût l’une des leurs et un très bon espoir pour rapporter une médaille dans leur contrée d’origine, la plupart la fixait en attendant qu’elle comprenne le message subtil qu’ils essayaient de lui faire passer et était probablement très tenté de la jeter par-dessus bord. La jeune fille restait par contre totalement crédule et continua à s’époumoner jusqu’à temps que le décalage horaire commence à faire son effet et qu’elle vit tout le monde endormi autour d’elle. Puis elle jugea plus opportun de se taire et de s’adonner à une autre activité jusqu’à ce que ses camarades se réveillent et puissent chanter en même temps qu’elle. La sportive sortit de son sac de sport son appareil-photo et commença à prendre des photos du pays qui l’avait tant et tant fait rêver. Les arbres étaient différents et il semblait y avoir des oliviers partout, c’était dommage que les autres dormaient et manquaient d’aussi beaux paysages. «Ils le regretteront demain matin» se dit-elle en capturant les images de montagnes et de l’astre solaire se couchant sur le pays méditerranéen gorgé par les plus beaux fleuves du monde. Force était d’admettre qu’après quelques heures à avoir pris toutes les racines et cailloux grecs de tous les angles que lui permettaient la caméra, l’enfant se sentit légèrement somnoler.

Emiliana laissa donc reposer sa tête tout doucement contre la vitre de l’autobus et s’apprêtait à fermer les paupières lorsqu’elle vit passer à travers les arbres une ombre mystérieuse. L’adolescente entendit alors une voix forte provenir de l’avant du bus :
-Mierda! hurla le chauffeur en tournant le volant.

L’autobus dérapa et fonça tout droit dans un fossé. Emiliana s’accrochait tant bien que mal au banc d’en avant alors que le véhicule amorçait sa chute. Le métal cabossé venait lui cogner les côtes et les jambes et elle se mordait les lèvres pour ne pas crier. Taekwondo obligeait : ne pas céder à la panique alors que tous ces gens comptait sur son courage et sa supposée force dans les situations difficiles.



Credo du taekwondo :
Courtoisie
Intégrité
Persévérance
Contrôle de soi
Courage
Emiliana marmonna ses mots au milieu de la scène de violence jusqu’à ce que le véhicule aille se fracasser contre un arbre. Observant les alentours, elle aperçut que les autres membres de la délégation en avaient malheureusement bien plus pâti qu’elle : Juanita avait le bras qui formait un angle insolite, Rodriguez était inconscient et Adrian semblait avoir la main sur une blessure. L’adolescente n’avait rien de très grave et chercha son téléphone au fond de son sac : elle en fouilla les tréfonds et en extirpa le dit appareil. Par contre, cela lui prit du temps avant de se souvenir que cela ne fonctionnerait malheureusement pas. Donc, il ne lui restait plus qu’une solution : tous les gens de son village et les scientifiques qui lui tenaient lieu de parents lui reprocheraient ce geste, mais elle n’avait plus le choix.

Lorsque tu vivais un accident de la sorte au Costa Rica, tu te devais de rester sur les lieux sans quitter les personnes blessées jusqu’à l’arrivée des secours. Emiliana ne sentait toutefois pas que cela était une bonne idée puisque des blessures semblaient majeures et que la forêt était réellement perdue en plus d’être certainement inaccessible. Le fossé semblait être l’unique porte d’entrée de ce lieu cauchemardesque ce qui signifiait probablement que la sortie se retrouvait de l’autre côté de la jungle sauvage. L’adolescente tenta de se lever de son siège avant de remarquer que toute tentative pour bouger dans sa position était impossible. Elle prit donc les derniers recours et utilisa ses techniques de casse afin de briser la vitre de l’autobus : les morceaux de verre revolèrent en tous sens et vinrent égratigner le visage de la pratiquante de taekwondo. Emiliana n’y porta cependant aucune attention et sortit du bus par le trou qu’elle avait formée : la nuit était tombée et personne ne les remarquerait. Les étoiles étaient les seuls témoins de la catastrophe.
-Voy a buscar ayuda. No se mueva.

Emiliana n’eut aucune réponse ce qui commença vraiment à l’inquiéter. Ni petit acquiescement ou hochement de tête, absolument rien. Gardant en tête le lieu où le véhicule olympique se trouvait, elle prit son cellulaire et s’en servit comme lampe de poche. Les forêts costaricaines étaient claires et lumineuses tandis que celles-ci semblaient abriter une présence qui ne voudrait certainement pas du bien à tous ceux qui osaient pénétrer le sanctuaire. Emiliana s’aventurait avec prudence entre les arbres, les poings serrés et prête à frapper. Le silence qui y régnait était parfois entrecoupé de sifflements d’oiseaux nocturnes ainsi que des branches se brisant sous ses pas feutrés. Pourtant l’impression horrible d’être observée subsistait : chaque fois qu’elle se retournait, il n’y avait cependant personne. «J’aime tellement la nature, pourquoi j’ai peur ici…» ne put-elle s’empêcher de se demander.

Puis alors qu’elle mangeait quelques carottes qui lui restaient de son voyage, elle vit à travers des buissons une paire d’yeux la regarder intensément. Lâchant tout par terre, elle se retourna et commença à détaler à toutes jambes. Emiliana ne pouvait pas regarder en arrière ce qui la poursuivait mais ce devait certainement être un animal sauvage : les pas ne ressemblaient à rien en ceux d’un humain. Les racines et les feuilles manquèrent plusieurs fois de la faire trébucher et elle sortit alors de sa poche les quelques piments rouges qu’elle avait ramené dans son sac de crudités et les jeta en arrière. Par chance elle entendit son assaillant ralentir et des grognements signifiant qu’elle avait atteint sa cible. Emiliana profita de l’occasion pour sauter dans un arbre et continuer de distancer l’être incongru : la subtilité ne comptait plus du tout en ce moment et les branches menaçaient à tout coup de s’écrouler sous son poids. Deux ou trois minutes plus tard à peine, elle entendit une de ces mélodies douces jouées à la flûte qui te faisait frissonner s’épandre à travers toute la forêt.

La nature semblait alors s’envahir d’une force qui n’était pas sienne. Branches barraient le chemin de la jeune fille, lianes tentaient de l’attraper, les insectes venaient la piquer et les animaux sauvages se rajoutaient à la liste de ces poursuivants. Les larmes de panique auraient coulé depuis longtemps sur la joue d’une adolescente ordinaire mais pas sur celle de la sportive olympique. Toujours en essayant d’éviter le maximum d’obstacles elle commença vaguement à se demander pourquoi elle n’avait pas choisi la course comme discipline : cela aurait été tellement plus utile en ce moment.


I remembered black skies
The lightning all around me
I remembered each flash
As time began to blur
Like a startling sign
That fate had finally found me
And your voice was all I heard
That I get what I deserve
La musique qu’elle aimait tant écouter lui permit de reprendre ses esprits. Promptement et sans aucune trace de peur résiduelle, l’adolescente sauta de son perchoir pour observer chacun des animaux. Emiliana laissa alors échapper un long et puissant cri sonore qui chassa aussitôt ses poursuivants qui s’enfuirent la tête basse. La mélodie revint en même temps que les ennuis qu’elle croyait pourtant avoir chassé : des racines vinrent enlacer ses chevilles et l’empêchèrent de bouger. Nuit sombre dissimulait à peine le visage et les yeux brillants de l’individu :
-Sors si tu es un homme! cria imprudemment la jeune fille.

Puis elle réussit à distinguer au loin la forme d’un torse humain se dessiner hors du feuillage. Les pas qui se dirigeaient vers elle étaient cependant semblables à des coups de sabots la faisant croire à une hallucination. Malheureusement, ce ne pouvait en être une compte tenu de la douleur lancinante qu’elle ressentait alors que les racines l’entraînaient au loin. Emiliana se fit traîner sur le sol et relever brutalement par des lianes qui se dirigeaient vers ses poignets. Claquement de doigt s’ensuivit et le dos de la jeune fille heurta violemment un arbre contre lequel elle se fit attacher :
- Tu es bien imprudente de t’aventurer dans ces lieux, fit le nouveau venu en tournant autour de la jeune fille.

Emiliana ne portait pas vraiment d’attention aux mots de l’homme qui ne devaient être prononcées que pour la faire perdre ses moyens et chercha plutôt un moyen de s’extirper de ces attaches. Tout d’abord, elle regrettait amèrement son canif qu’elle avait dû laisser chez elle étant donné son passage aux douanes et que l’on vérifiait bien plus qu’auparavant ceux qui provenaient de l’Amérique centrale/latine. L’homme la regarda essayer de manger ses liens et amusé y fit pousser des ronces : les lèvres de la jeune fille finirent aussitôt en sang.
-Ce n’est pas tout le monde qui atteint cette forêt et encore moins son cœur. Comment es-tu arrivée ici? demanda l’homme sur son ton sombre.
-J-J’ai eu un accident alors que je me dirigeais vers Athènes, répondit Emiliana en léchant le sang qui coulaient sur ses lèvres. L’autobus était sur la route et a dérapé : il a fait plusieurs tonneaux. Tous mes camarades sont blessés et je voulais aller chercher de l’aide, mais je ne pouvais grimper le fossé. Donc, j’ai décidé d’emprunter le long chemin afin de trouver de l’aide de l’autre côté, mais je me suis fait poursuivre par un troupeau d’animaux sauvages.
-Puis-je me permettre de te demander comment tu as chassé ce troupeau d’animaux sauvages?
-Non.
L’habitant de la forêt ferma son poing et les ronces s’approchèrent de façon menaçante des paupières de la jeune fille. Les gardant fermées hermétiquement, elle tenta de respirer le plus sereinement possible et de montrer à l’individu qu’elle n’avait pas peur et qu’il ne pouvait rien faire contre elle. Après tout, s’il lui avait voulu du mal (blesser/tuer/violer), il l’aurait certainement déjà effectué en ne se préoccupant pas de la manière dont elle avait réussi à l’atteindre. Pour le moment, il avait plus l’air d’un homme s’étant fait déranger chez lui au plein milieu de la nuit.

-J’ai crié! lâcha finalement Emiliana en sentant les épines rentrer dans sa peau. J’ai crié et ils se sont enfuis!
-Je suis le dieu de la campagne, des troupeaux et de la musique. Les animaux ne s’enfuient que sous mon seul cri.
-Le dieu de la campagne, des animaux et de la musique, répéta la jeune fille.
-Et une divinité mineure des mers également.
-... je vois...

Beaucoup de choses pourraient être expliquées par ce seul segment de phrase tel que la poursuite avec les animaux, la flûte menaçante qui avait joué et semé la peur dans toute la forêt, les arbres et la nature qu’ils se révoltaient. L’existence divine avait été offensée puisqu’elle avait mis les pieds dans son antre sans sa permission. Facile serait-il de céder à la panique dans ces circonstances. La panique… L’enfant se souvint des lectures qu’elle avait faites lors de son primaire pour un exposé d’histoire : mais non, cela était impossible.
-Tu ne sembles pas vraiment très encline à répondre à mes questions, constata Pan avec un sourire doucereux aux lèvres. Puis tu ne me donnes même pas le goût de m’amuser, tu n’es même pas une nymphe.
-…
-Je te laisserai donc à mes amis les bêtes.
Sans laisser le temps à la jeune fille de répondre ou de contester, le dieu s’enfuit joyeusement. Emiliana crut distinguer des pattes lui tenir lieu de jambes, mais ne put se pencher plus sur la question lorsqu’elle vit venir des buissons des chacals qui semblaient affamés et leurs grands yeux fixés sur elle. Les mammifères rôdaient autour de la même manière que l’homme l’avait fait précédemment et elle profita de ces instants pour se débattre comme un poisson que l’on avait retiré de l’eau.

Tous ses efforts prirent finalement fruit alors qu’elle réussissait d’une puissante poussée contre l’écorce à se défaire des fibres naturelles. Les animaux reculèrent en la voyant s’avancer et l’enfant eut une étrange impression de liberté.
-Laissez-moi tranquille! cria-t-elle tout bêtement.
Les chacals s’enfuirent sous ce simple ordre. Emiliana sentit alors ses muscles se détendre et voulut s’écrouler au sol, mais ses jambes refusaient de céder. La sportive ne savait pas ce qui clochaient avec celles-ci et baissa les yeux : des pattes de bouc et le corps du même animal jusqu’à la taille.

Emiliana approcha tout doucement ses doigts de ses jambes et sentit la douceur rugueuse contre ceux-ci. Gageant que tout cela devait être un coup pendable de la part du dieu sylvestre, l’enfant courut en sens inverse pour retrouver la clairière dans laquelle celui-ci l’avait trouvée la première fois. Les différences de vitesse se firent bien présentes. Emiliana sentait ses sabots épouser la forme de la terre et ses pattes la propulser : aucune branche ou brindille ne résistait à son passage. Tout lui était davantage perceptible : peut-être se sentait-elle comme ces habitants de la forêt.

L’adolescente, une fois arrivée à la clairière, s’approcha de l’étang pour s’y désaltérer pour y apercevoir son reflet dans l’eau miroitante éclairée par les rayons sélénites. Ses yeux s’agrandirent de nouveau et elle laissa tomber l’eau qui était entassée dans la coupole qu’elle avait formée de ses mains. Des cornes ornaient présentement le dessus de sa tête telle la couronne des divinités forestières et ses dents étaient légèrement plus acérées. « Je pense que je peux maintenant accepter n’importe quoi » songea-t-elle en touchant ses canines.

Emiliana entendit alors des remuements provenir de l’arrière. Les sens en alerte, elle ne pouvait s’empêcher de se demander quels obstacles dresseraient maintenant le gardien de la forêt. La lumière nocturne l’éclaira et l’enfant ne put que remarquer à quel point ils étaient semblables et ce, non seulement à cause de la forme animale (quoique majoritairement).
-Impossible, fit Pan en éclatant de rire.
-… je me disais cela aussi. Les cornes et les pattes de bouc vois-tu.
« Je savais que j’aurais du accepter ce contrat d’Adidas. Impossible is nothing »

-E-Emiliana?
Le dieu-bouc souriait de toutes ses dents et fonça sur elle pour lui donner un câlin sans même atteindre une réponse de sa part.
-Emiliana je suis tellement content de te revoir! J’ai tellement eu peur que quelque chose te soit arrivé!
-Vous avez failli me donner en pâture à une bande de chacals! répliqua la jeune fille totalement déconcertée.
Dieu seigneur qu’elle ne comprendrait jamais les gens.

***
Les deux demi-boucs étaient assis contre un arbre. Pan taillait un roseau pour en faire une flûte et la jeune fille le regardait faire sans mot dire : inutile de dire que le bus était légèrement sorti de ces pensées. Les quelques fois où elle regardait dans une autre direction, elle pouvait sentir le regard de l’être qui se révélait finalement être doux et gentil. Pan finit son troisième tube et alors qu’elle le regardait de tous ses angles, il lâcha :
-Je ne sais pas vraiment comment te le dire pour ne pas que ça sonne effrayant, mais je suis ton père.
-En es-tu certain? fit-elle. Tu ne sembles pas m’avoir reconnue.
-Des filles à moitié-boucs qui peuvent faire fuir les animaux envoyés par le dieu des forêts et qui me ressemblent étrangement ne courent pas vraiment les rues. Emiliana est le nom que j’ai donné à mon enfant il y a un peu plus qu’une quinzaine d’années et tu as répondu de manière affirmative. De cet angle-là je pense bien pouvoir affirmer que je suis ton père.
-Pour une surprise c’en est tout une, répondit la fille d’un ton plat en songeant toujours à la devise d’Adidas. Mais dis-moi est ce que ma mère…
Pan sourit d’une manière si douce que la jeune fille sentit son cœur fondre simplement en le voyant. Les gens qui disaient que ce dieu était diabolique auraient été démentis par cette simple fossette qui rajeunissait l’être d’une dizaine d’années.
-Ta mère est parfaitement humaine si tu veux savoir, fit Pan avec humour en détournant la question. Toi et moi sommes les deux seuls animaux de la maison.
-Mais pourquoi n’es-tu pas resté avec nous?
Le sourire du dieu sylvestre se fada légèrement.
-Les catastrophes se sont accumulées dernièrement. Chronos a toujours voulu nous éliminer ou nous causer du tort si cela n’était pas possible et la manière la plus facile était d’atteindre nos enfants. Le lien entre toi et moi ne devait pas être fait. Puis j’ai des responsabilités aussi.
-Tu as tout de même essayé de me tuer, fit remarquer la jeune fille.
-J’aurais pu faire bien pire, ricana-t-il.
Pan lui joua dans les cheveux alors que la jeune fille tentait d’interpréter ces paroles à double-sens. L’homme retrouva cependant son sérieux et lui expliqua avec une certaine lourdeur comment Chronos avait tué tous les compagnons de Dionysos. La jeune fille fut prise d’horreur et tenta de se débarrasser des horribles images mentales qui lui venaient en tête.

Emiliana lui expliqua alors la raison de sa venue dans cette forêt et dans ce pays : avec tout cela, elle en avait presque oublié les jeux olympiques. Pan hochait la tête et semblait resplendir de fierté. Emiliana le trouvait tellement attachant finalement! Bien que celui-ci ait longtemps insinué qu’il y avait d’autres dieux bien plus intéressants à avoir comme parents que lui-même, elle ne l’aurait pas échangé pour tout l’or du monde.
-Plusieurs demi-dieux feront partie de cette compétition ce qui en fait une cible parfaite pour ton arrière… arrière grand-père. Je veux donc que tu fasses extrêmement attention.
-Tout ira bien, sourit la jeune fille.
Pan était un dieu protecteur après tout.
-Puis je veux que tu donnes ton meilleur. Ton grand-père Hermès se pense bien intelligent et j’aimerais bien lui rabattre le caquet en souvenir du bon vieux temps.
-Hermès…?
L’expression sur le visage du demi-bouc démontrait à quel point il ne semblait pas vraiment apprécier son père. Emiliana se demanda quelle sorte d’histoire il pouvait bien y avoir entre ces deux là pour qu’ils en soient aujourd’hui. Pan grimaça encore en entendant sa fille répéter le nom.
-Puis ma sœur participe elle aussi, continua-t-il. Amélia ou Angelica : elle fait partie de l’équipe italienne de course. Tu devrais certainement la rencontrer, les dieux d’en haut ne font jamais rien par hasard, dit-il en pointant le ciel.
Pan sauta sans préavis sur un rocher et tendit le visage pour regarder la toile céleste. La nuit diminuait dans l’horizon sous la grande surprise de la jeune fille. Depuis combien de temps avait-elle été ici?

-Le temps va bientôt nous manquer. Emiliana, lorsque la cérémonie d’ouverture sera terminée, je veux que tu te rendes au Parthénon : j’y serai avec plusieurs dieux et nous serons alors davantage en mesure de vous expliquer la mission qui vous attend.
Pan lui tapota l’épaule.
-Bonne chance pour les jeux.

Emiliana faisait un sourire en coin. Pan la regarda longuement plutôt décontenancé avant de comprendre finalement que pratiquer les arts martiaux avec des pattes de bouc ne serait certainement pas l’idée la plus brillante. Dans le silence profond de la clairière coupé par les remous de l’eau et le chant de quelques oiseaux nocturnes, il se déplaça agilement pour ramasser une branche tombée à terre. Le brin d’arbre devenait tout doucement de plus en plus flasque et s’enroula sur lui-même pour former une sorte de bague : un peu de lumière en jaillit et il la tendit à l’adolescente.
-Mets-la et pose tes lèvres dessus.
L’enfant lui obéit sans mot dire et dans l’espace de ce qui lui semblait être une fraction de seconde, ses jambes humaines réapparurent. L’enfant courut partout en souriant (quoique ça allait beaucoup moins rapidement) et alla près de l’étang pour regarder la bague sous la clarté lunaire. Elle ressemblait énormément à une corne de bélier qui s’enroulait autour de son doigt : c’était plutôt joli même si cela devait être plus pratique qu’esthétique. Les cornes avaient disparu elle aussi, mais il lui restait les dents et les oreilles un peu plus pointues que la normale... et une queue qui partait de son derrière comme les animaux. Pan eut un sourire narquois.
-Les boucs ont tous l’attrait proéminent de ton grand-père si je peux le dire comme ça. Mais comme tu es une fille, tu en es dépourvue et ce, même si tu es à partie bouc.
Pan hocha la tête pour lui-même.
-Ce doit être certainement une compensation, fit-il en se mordant la lèvre inférieure pour ne pas éclater de rire devant l'air déconfit de sa fille.

Des sons d’ambulance s’amenaient finalement dans la forêt qui était aux dires de son maître totalement impénétrables. Pan lui fit un clin d’œil et disparut aussi rapidement qu’il était arrivé dans les buissons. Fourrant son «attribut animal proéminent» comme le ricanerait certainement son père, la jeune fille fut rapidement retrouvée par des équipes de secouristes. Les couvertures autour des épaules et dans les bras d’un des sauveteurs Emiliana ne put s’empêcher de céder au sommeil en respirant les bouffées de la forêt humide.



Just close your eyes
The sun is going down
You'll be alright
No one can hurt you now
Come morning light
You and I'll be safe and sound

_________________
Time stood still
The way it did before
It's like I'm sleepwalking
Fell into another hole again
It's like I'm sleepwalking





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